A travers le miroir
16 déc 2011 | 20 commentaires | par Denis Marie | dans Présence spontanée, Se laisser rejoindre
Passer à travers le miroir, c’est passer à travers le mirage de ses propres idées. C’est traverser l’écran conceptuel que nous superposons à la Vue spontanée.
Il n’y a que celui (celle) qui se croit “dehors” qui veut entrer “dedans”. Il n’y a que celui (celle) qui se croit “personnel” qui veut être “impersonnel”. Il n’y a que celui (celle) qui se croit “divisé” qui recherche “l’unité”… En prise à l’illusion, nous remplaçons une vision conceptuelle par une autre, sans réaliser la vacuité et la vanité* de l’ensemble de nos projections.
Note : De croyance en croyance, nous finissons par nous dépouiller.
Nous commençons à vivre l’instant en direct, nus, sans chercher à “mixer” notre imaginaire avec le réel.
Nous réalisons que la stratégie qui consiste à “ne rien faire” est aussi de trop. Quelque chose ici retient encore le vieux système et dénote une temporisation, un recours envers la croyance.
S’il s’agit de la Nature de tout l’univers, elle ne peut pas résulter ou varier en fonction de nos entreprises, de nos intentions, de nos compréhensions et de nos alternances… Tous les mouvements de l’eau font partie de l’eau. Les vagues ne sont pas d’une autre substance. Toutes nos gesticulations n’ajoutent ou ne retirent rien à la Nature éveillée. Que nous affirmions une chose ou son contraire, cela est sans effet au sein de l’Ouverture qui nous le permet. Les changements sont comme des symboles, qui n’ont d’importance que dans l’esprit conceptuel selon les règles et les croyances qu’il s’est données.
*vanité : qui est vain.
Jean Marais, Orphée (1950) de Jean Cocteau


Billet écrit par Denis Marie
Auteur de “L'éveil ordinaire, le don du coeur”, publié aux éditions l'Originel-Charles Antoni, en novembre 2007.
20 commentaires
ce que je vois dans ce texte c’est le mot « CROIT » .partout ! il est énorme pour moi comme si ce texte ne comporter que cela et me viens a l’esprit la fable la grenouille qui voulais se faire plus grosse que le bœuf . ce n’est pas un jugement du texte bien-sûr c’est juste ce que je vois. merci
Cher Denis,
Merci pour ce billet qui indique bien que dans la voie spirituelle, nous avons tendance à reproduire exactement le même fonctionnement dualiste que l’on souhaiterais abandonner ! C’est à dire toujours cette avidité à devenir ceci et pas cela, à rejeter les illusions et s’attacher au Soi… On ne fait que continuer l’histoire sans voir que l’illusion est vide et lumineuse, tout comme notre vraie nature. Et quand on pense « être arrivé », c’est le même fonctionnement dualiste en oeuvre car il n’y a ni départ, ni arrivée, ni personne pour se saisir de cette suprème et vaniteuse illusion. Il y a seulement l’existence sans séparation, sans sujet ni objet, qui ne cesse de couler et de se donner, ce que nous sommes donc véritablement.
Amitié,
Emmanuel
Bonjour Denis, bonjour à tous,
Je voudrais partager mon expérience.
En fait CROIRE c’est la surface de l’iceberg, plus en profondeur, nous croyons pour nous remplir… Si je ne crois plus rien , je deviens vide !
Nos croyances sont comme une assurance d’expansion pour nous développer et nous rassurer… on nous a appris à le croire, on nous a transmis la culture du croire, c’est en effet la base sur laquelle nous nous sommes toujours appuyé.
Pourtant Croire n’est pas Voir, bien il y est des croyances que l’on peut vérifier, elles ne sont plus alors croyances, elles sont vécues !
Abandonner nos croyances, n’est pas tombé dans le vide et l’ignorance… c’est VOIR ce qui est VRAIS. C’est prendre un nouvel appui, non plus sur nos idées, mais sur notre vivante certitude.
C’est alors ce qui est VRAIS qui ouvre notre confiance au ressenti.
Notre Réalité vivante est Ressentir, part toutes les cellules de notre corps ouvert sur le monde… part notre Présence ouverte sur notre coeur…
Alors, vivre est simple, naturel, aimant et heureux !
Merci, belle journée pour tous.
Ajout d’une note suite au billet.
Merci Denis pour l’ajout.
Un autre ajout.
Laisse les vagues divaguer ,elles appartiennent a l’océan
Regarde -les avec amour
Elles sont la beauté qui s’offre a chaque instants
Le flux et le reflux
Mouvement de la vie infini
Dans la continuité de l’amour.
merci Denis voilà ce qui m’est venue en te lisant
Marilyne
Et ce “laisse” est également une vague.
Bonne journée
« Nous réalisons que la stratégie qui consiste à “ne rien faire” est aussi de trop. Quelque chose ici retient encore le vieux système et dénote une temporisation, un recours envers la croyance. »
encore impasse…
Help please…
Merci Denis pour ta patience
Héhéhé… j’ai répondu à cette question sur l’impasse que tu posait aussi sur mon blog, voyons la réponse de Denis !
Nicolas,
J’ai déjà écrit quelque part que nous étions à une idée de l’éveil. En même temps, comment une idée pourrait-elle nous en priver ? Nous donnons de l’importance à notre imagination, pourtant, il ne s’agit que de constructions mentales. Si sur ce plan tout est illusoire, pourquoi insister, pourquoi s’y attarder ?
Quelle est donc la Nature immuable, l’Ouverture inconditionnelle qui permet ce jeu ? S’il y a des vagues, cela nous dit bien qu’il y a de l’eau, une constance. Notre tendance est de nous attacher au sens des pensées pour elles-mêmes, plutôt que d’y voir une invitation à vivre leur Nature ; la nôtre.
OUI
)))))) Denis, Merci
L’esprit conceptuel dit » … Comment faire, comment ne rien faire ? »
Le même esprit répond… » Je suis dans une impasse !!
Qui écoute la question et la réponse… Celui là même qui pose les questions, et les écoutes.
Cela à l’air d’une histoire de fou… pourtant, Être Soi, est le plus simple… Juste ici et maintenant je suis là avant toute conception, sans l’ombre d’un doute, alors qui va poser un doute si ce n’est juste la pensée ?
Nous, nous allons très bien, et nous n’avons besoin d’aucune confirmation !
Bonne journée pour tous.
Je ne sais pas ou est ce que j’ai lu cette instruction : « si tu veux le silence, arrête de faire du bruit ». Il n y a pas plus direct! Comme le dit Denis, Il y a des « faire » qui libèrent. Il suffit d’être honnête.
Merci à tous
Cher Nicolas,
Pourquoi opposer le silence au bruit ? Le silence est empli de sons et le bruit plein de silence. Voir (vivre) que tout est absolument vide de substance fixe, que tout est déjà libre, joyeux, lumineux me paraît plus important car alors enfin, on cesse de penser en dualité !
Joyeux noël,
Emmanuel
J’aime bien ce que tu dis. Pourtant, cher Emmanuel, permets-moi de chipoter un peu.
Penser en “dualité” ou en “non-dualité” pourrait nous laisser entendre qu’il existe réellement une « alternance ». Tout cela n’est que le mouvement de la pensée. Opposer et ne pas opposer, c’est la même chose. Il s’agit de notions qui importent seulement à notre logique conceptuelle. Tous les jeux, les divisions, les gains et les pertes, les va-et-vient, ne sont-ils pas, avant tout, des surgissements issus et contenus en une seule et même Nature ? Cet instant présent, bien qu’il soit traversé par une multitude d’événements contrastés, ne reste-t-il pas le même instant, inchangé, “neuf”, et ce, depuis des temps immémoriaux ?
Amitiés,Denis
Cher Ami,
Merci de chipotter ainsi ! je précise « mon » ressenti.
Opposer et ne pas opposer ne sont pas pour moi des pensées et des « notions » mais deux modes (processus) du (même) vivant. Quand tu évoques le surgissement de toutes les infinies expressions de la même nature, c’est alors que nous vivons en harmonie avec elle. Dès que nous saisissons ce surgissement, que nous en faisons quelque chose avec quelqu’un qui le vit, que l’on s’attache au silence ou à l’éveil et que l’on rejette le bruit et les illusions, on trahit alors notre nature car tout simplement, nous ne vivons plus ce surgissement constant. Le fleuve majestueux et puissant se retrouve alors tarit dans l’eau boueuse et stagnante de nos opinions. Certes, celle-ci est encore l’eau du fleuve, mais comment voulons nous vivre ? Dans la Nature, le fait est qu’il n’y a aucune opposition mais un processus d’inter-relation en flux constant : il n’y a pas de silence sans bruit et inversement, de plus d’un point de vue acoustique, silence et bruit ne sont que des variations d’intensités de la même vibration de l’air. Finalement, la question est : vit-on, en cet instant, notre nature divine ?
Sincèrement,
Emmanuel
L’expérience du silence Emmanuel, montre que nous sommes silence… aucun bruit ne peut nous emplir !
En effet, si on arrête de faire du bruit… le silence nous saisit, » notre » bruit … fait beaucoup de bruit…
L’expérience de vivre montre ce que l’on appelle vide n’est vide que de nos pensées, et plein de Vie!
Alors, oui, tout est libre, joyeux, et lumineux, on embrasse le monde entier et le monde entier nous embrasse !
Gratitude !
Merci Denis pour : « ne reste-t-il pas le même instant, inchangé, “neuf”, et ce, depuis des temps immémoriaux ? »
et à tous pour exprimer ce que nous sommes déjà
et en cet instant je vous souhaite un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année en cette joyeuse et lumineuse Présence!
Par-delà toutes nos intentions, nous sommes vécus par cet instant… par le vivant.
C’est une grâce pour ceux qui le Voient et ainsi le manifestent. Ils sont la Nature sans distinctions, inspirés de son humilité et héritiers de son amour.
Merci Vincent, Joyeux Noël, Joyeuses Fêtes… Ainsi qu’à tous les lecteurs de ce blog. Puissions-nous tous Voir ou “rece-voir” le “Don de Vie”, par le Souffle généreux qui s’offre dans cet instant, dans cette actualisation.