Je parle de “passer”, car le plus souvent nous restons coincés dans le mental. Nous sommes dans l’ombre de nous-mêmes, dans l’aspect le moins vivant. Bien que tout ce qui s’élève ici semble excitant, il ne s’agit que d’un monde virtuel et imaginaire.
C’est toute la différence qui existe entre les reflets et l’eau qui les porte. Lorsque nous avons soif, les reflets n’ont pas le pouvoir de nous désaltérer.



Billet écrit par Denis Marie
Auteur de “L'éveil ordinaire, le don du coeur”, publié aux éditions l'Originel-Charles Antoni, en novembre 2007.
2 commentaires
Très juste, cher Denis. Et je n’ai pas à poser la sempiternelle question que tu devines. J’essaie d’accepter les choses telles qu’elles sont et ce n’est pas facile – quand on est en Chemin. Les histoires…, dont tu parlais dans de précédents articles. Je crois que le vrai problème reste l’identification au corps et au mental. Sachant intellectuellement que je ne suis ni le corps ni le mental – Ramana Maharshi – quelle directive suivre?
Amicalement,
Mouloud
C’est bien Mouloud, il est parfois utile d’aller jusqu’au « bout » !
Si nous ne sommes pas le mental que sommes-nous ? Qu’est-ce qui reste ?
Ces questions, je ne les pose pas pour relancer l’esprit. Mais pour inciter à « REGARDER », à se « placer » dans l’ouverture. En fait, si nous écoutons vraiment, c’est un état suspendu et sans référence qui devrait s’imposer. Ceci est une façon très directe d’invalider le mental et de contacter notre Nature.
Une autre façon consiste à « s’immerger » dans le vivant. Lorsque nous nous synchronisons avec le vivant, le mental « passe » au second plan. Pour ce faire, il existe de multiples moyens. C’est à chacun de voir ce qui le connecte à la réalité, le resitue dans le vivant. Pour donner quelques exemples, il y a ceux que j’ai déjà cités, comme l’usage du souffle, l’usage des sens, l’usage du corps et de l’équilibre. Ce qui compte, c’est de repérer le moment où nous « switchons », là, où le vivant l’emporte sur le mental. Pour certains, c’est de faire le tour du pâté de maisons en courant qui marchera. Pour d’autres, ce sera d’écouter tel ou tel morceau de musique ou bien de manger un plat ou un aliment en particulier, etc.
Je dirais, un peu paradoxalement, qu’il convient de nous distraire de l’esprit et revenant à quelque chose de plus prosaïque. Je précise que c’est le « passage » ou la « transition » qui importe et qu’il nous faut surprendre. Afin de ne pas rester coincé dans l’esprit, il est utile de prendre appui sur le corps. Simplement, sans réfléchir davantage, le faire, encore et encore.
Bien à toi, Denis