S’accepter
Ne sommes-nous pas toujours avec nous-mêmes ?
(…) La paix provient de se connaître, se connaître provient de s’accepter et s’accepter provient de s’être réconcilié. La démarche spirituelle passe par une réconciliation avec nous-mêmes. On ne se débarrasse pas d’un ennemi en l’ignorant ou bien en le chassant par la force, mais en l’apprivoisant. L’amitié, c’est s’aider en travaillant sur nos « mauvais » aspects, « avec » et non plus « contre » nous. La première chose à régler c’est de se mettre en paix avec soi-même. Il n’y a pas à devenir pacifiste ou à se soumettre à une attitude dite « paisible », mais à rejoindre la paix tranquille et naturelle qui surviendra consécutivement au relâchement des conflits par notre réconciliation. Nos états de mal-être n’ont pas à être compensés, mais à être accueillis et soignés. Nous souffrons en contrecoup de la partie qui nous manque. Quelle véritable paix pourra être possible si nous ne traitons pas ce qui nous divise ? Se mettre en paix avec soi-même c’est aussi faire la paix avec l’autre. C’est mettre fin à des conflits qui ne guérissent rien.
Nous voudrions nous prouver que nos histoires sont plus fortes que nous. Toutes ces histoires c’est dans notre esprit qu’elles s’élèvent, toujours dans notre esprit, le même esprit. Nous ne sommes pas nos histoires, aussi le changement ne tient-il qu’en une décision, ce n’est pas quelque chose d’élaboré qu’il faut faire ou parfaire. L’illusion ne tient que par une non-décision et toutes les fausses promesses qui s’en suivent. Il y a un mensonge et, plutôt que de le percer, nous l’avalisons en lui laissant un terrain pour exister.
Le mensonge a fait de nous des menteurs et les menteurs ne savent que mentir et se tromper intelligemment. Mais qui ment ? Qui s’investit dans le fait de mentir ? Quel est ce visage derrière le masque qui le recouvre, sous le fard et les couleurs qui le travestissent ? S’il y a un mensonge, alors il y a aussi une vérité sans laquelle nous ne pourrions mentir. Il y a une imposture et, plutôt que de la démasquer, nous la cautionnons en lui permettant d’exister par une fuite éperdue déguisée en recherche. Cette dérobade peut être subtile, car nous savons avancer de bons arguments afin d’obtenir notre propre capitulation. (…)