L’histoire qui tient les histoires

Simplifiez vraiment ! Simplifiez votre regard, le filtre des idées que vous portez sur vous et sur la vie. Ou bien, cette “simplification” s’ajoutera à votre complexité. Cela reviendra à essayer de raconter plus simplement, au lieu de laisser l’histoire elle-même.

Le plus souvent, nous nous efforçons de remplacer notre complexité par une attitude plus sobre, plus “zen”. Cependant, cette conduite n’a d’effet que dans notre scénario. Elle ne le remet pas en question. “Simplifier”, “ouvrir”… ce n’est pas remplacer par “autre chose”, mais, permettre qu’il n’y ait “rien”. Je veux dire aucun remplissage. Il s’agit de commencer à vivre “libre d’histoire”.

Si nous parvenons à nous “saouler” avec nos productions mentales, alors, pour garder cette métaphore, c’est par un “sevrage” qu’il est possible d’y mettre fin. Toutefois, nos habitudes ont la vie dure. Il y a toujours une nouvelle histoire pour défendre ou prendre en charge la précédente. C’est ainsi qu’elle nous garde un peu plus. Il est possible qu’au fond de nous, nous ayons caché une “bribe d’histoire”. Celle-ci est particulière, parce qu’elle détient une propriété similaire à la mère de vinaigre, qui permet de le régénérer. C’est une croyance fondamentale, un “dogme” qui nourrit et retient notre personnage. Ça peut être un complexe, une rancœur, une culpabilité…

Billet écrit par Denis Marie

Auteur de “L'éveil ordinaire, le don du coeur”, publié aux éditions l'Originel-Charles Antoni, en novembre 2007.

  1. 10 commentaires

    • vincent a dit :

      Il me semble que « l’histoire se simplifie d’elle-même » ! Car en fait « nous ne pouvons rien simplifier », par « le voir » cela se vide de son contenu. Simplifier ou compliquer pour moi cela aussi est l’histoire, car elle a lieu comme elle est et se révèle elle-même en se déroulant…mais pour qui ? À quoi bon « l’intention de simplifier » ? « Ce Regard par lui-même » est vision, simplification sans intention ! Les événements, les histoires, ont lieux et se manifestent par le jeu de la vie, rien à modifier là dedans, rien à rajouter, rien à retrancher….toute intention qui quitte « ce regard » est l’histoire qui veut aller vers……nous sommes toujours « le voyant » de tout ce qui se déroule car sans nous quelle histoire pourrait être ? Je fais simplement confiance, ici, à ce qui est, comme ça se présente « je suis » c’est tout ! le reste c’est une histoire dont je suis Témoin. Confortable, inconfortable, agréable, désagréable….un état chasse l’autre et alors ! Ne « suis-je pas avant toute histoire » quand au reste cela ne « m’appartient pas » ! Merci Denis….mais peut être voudras tu ajouter quelque chose, Je suis tout ouïe !

      • Denis a dit :

        Oui, cher Vincent, je suis d’accord avec toi. La question est de savoir si cela est effectif dans notre vie. L’histoire se simplifie d’elle-même, mais nous nous employons, plus ou moins consciemment, à la “retenir”. Ça dépend de chacun… je suis heureux pour toi si cela ne te concerne plus.

    • J’aime bien cette image de « la mère de vinaigre »…

      Tout comme « la pensée JE » source et auto-productrice à l’infini de pensées.

      Tout comme « la mère de vinaigre » nous avons beau explorer et fouiller , « le producteur « ultime échappe à jamais…

      merci et bonne journée

      Jean-Claude

    • Bonsoir, il est écrit qu’on cherche souvent, inconsciemment, à retenir notre histoire, et que cela dépend de chacun. Aussi pour

      Bonsoir, il est écrit qu’on cherche souvent, inconsciemment,à retenir notre histoire, et que cela dépend de chacun. Aussi pour etre entièrement libéré, sans aucun résidus, faut il simplement plonger totalement dans l’Espace- Présence consciente tout a fait impersonnelle ? Que faire d’autre dans toutes ces apparences ? Rien, alors comment percevoir les résidus d’histoire ?

    • Mouloud a dit :

      Cher Denis,

      Chers vous tous,

      Cette « histoire qui tient les histoires» est édifiante sur la difficulté de réaliser (reconnaître, enfin ! et pour toujours!) notre vraie nature. Et j’avoue que ce n’est pas facile, en tout temps. Je Vois les histoires, mais non pas tout le temps. Quand une histoire menace l’égo – ce corps-mental – que je suis un peu, quand même, dans cette manifestation – je – « le mental, l’égo » – suis submergé par l’histoire et me sens impliqué et j’agis en connaissance de cause.

      Comme le signale Vincent : « Confortable, inconfortable, agréable, désagréable….un état chasse l’autre et alors? »

      Et alors? Là est le problème. Parce que submergé par l’histoire. Qui? Certes, l’égo! Et il y a identification. Et il y a souffrance!

      L’Éveil , même s’il est ordinaire, survient sans doute, au moment où l’on ne s’attend plus à rien, parce que fatigué de chercher ce que nous sommes déjà.

      Cela dit, la VIE – ce que nous sommes – se déroule miraculeusement TOUJOURS – avec ou sans les histoires que l’on peut s’inventer ou qui nous arrivent.

      Excusez-moi, si je me trompe dans mes interrogations.

      S’il y a souffrance, cela fait partie de l’histoire.

      Je ne dis plus : que faire?

      Je laisse faire et agis en fonction du moment et des circonstances, sachant que cette histoire fait partie du rêve.

    • Daniel a dit :

      Permettre qu’il n’y ait rien … pas forcément le vide, mais aucune cohérence, aucun suivi, aucun enchaînement logique, aucun arrangement de tout ce qui arrive en une personnalité construite, cohérente et « vendable » à autrui pour qu’autrui nous aime…

      Je crois (comme Denis si je comprends bien) que notre personnalité logique et cohérente n’est pas le fruit du hasard ou du jeu de la vie, mais d’une vieille intention au coeur de nous : être quelqu’un, un courant individualisé, construit et caractérisé par des attributs, qu’on appelle « moi ».

      Permettre qu’il n’y ait plus ca, sans le remplacer par qqchose de mieux, c’est un peu mourir dans ce monde où chacun est quelqu’un…

      Mais « permettre » ce n’est pas une intention, un mouvement, une action, un « faire » : c’est arrêter l’action qui empêchait, qui ne permettait pas.

      Permettre la vérité de l’absence d’histoire, permettre la légèreté de l’absence de fardeau : Quelle vérité, et quelle légèreté!

    • Bonjour, ce matin j’ai lu de ne pas chercher partout, mais de ME reconnaitre en toutes formes , alors tout est comme un poteau indicateur de mon unique Conscience.

    • Bonjour Denis et à tous,

      La dernière partie du message de Denis m’inspire ceci :

      Nous pouvons voir que notre présent est parfois coloré du passé, parce que quelque chose du passé n’a pas été totalement intégré, digéré… alors cela reapparait dans notre présent en tant que réactivité, la plupart du temps de manière inapproprié dans ce présent… et alors ? Rien !…il n’y a rien à faire que vivre et voir de manière totale l’histoire qui se déroule Ici au moment où elle se passe (ou juste après s’il y a eu identification inconsciente) et laisser être ce qui est … ainsi le « dogme » qui s’était peut-être créé il y a longtemps emerge naturellement et s’évapore… vu, il ne nourrit plus la personne…

    • Irina a dit :

      Simplifier le « regard »…

      … Une miette de pain s’échappe d’une tartine…

      la voilà sur la table…

      je l’aperçois … nous nous contemplons…

      présence commune…

      sa vie … ma vie, à cet instant c’est notre vie,

      juste là, dans la réalité de cet instant,

      nous sommes UN !

      C’est si simple!… le coeur se gonfle d’Amour et de Joie…

      … Avec une même tendresse pour l’éponge…

      que je passe sur la table… pour enlever la miette…

      Simplifier le  » regard  » c’est permettre à notre Présence de recevoir,

      d’accueillir, de ressentir TOUT ce qui  » parait  » être à l’extérieur de nous….

      et TOUT ce qui est notre réalité immédiate.

      simple, encore plus simple…

      La pensée peu bien essayer d’investir notre espace

      en « saisissant » le moindre objet, le moindre instant,

      et en s’agrippant à tout ce qui bouge…

      Notre regard peut se détourner de cette attraction,

      en se laissant toucher, en restant en contact avec

      la réalité de TOUTES nos perceptions !

      C’est en notre Présence que ce découvre ce qui vient jusqu’à nous…

      et cela n’existe que par ce que nous nous voyons,

      cela s’exprime et se déploie en nous…

      Tout s’ouvre et communie avec cet instant … unique,

      Être Regard avec Tout en Tout…

      Et l’univers entier participe alors à son éveil !

      Tout ce que je vois me regarde…

      Tout ce que j’entends m’interpelle…

      Tout ce que je sens se réjouit…

      Alors, le temps du mental disparaît…

      Je Suis se contemple…

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