Franchir la barrière conceptuelle
28 fév 2006 | Un commentaire | par Denis Marie | dans Fond et forme, Illusion de vérité
S’affranchir de l’esprit,
nous rencontrer sans passer par lui, sans intermédiaire.
On ne trouve pas l’éveil en sortant de l’illusion. On le trouve en comprenant que celle-ci est vide.
« Être comme le nouveau-né ». Peut-être que je ne devrais pas l’expliquer ainsi, car nous pouvons, depuis notre esprit conceptuel, tenter d’imaginer ce que c’est, au lieu de nous retrouver directement dans la fraîcheur de l’enfant qui ne nous a jamais quittés.
Tant que nous essayons de comprendre depuis notre esprit conceptuel, nous maintenons cet esprit, nous maintenons un « second » qui veut comprendre. La Réalisation est spirituelle, elle n’est pas conceptuelle.
Au début, nous voulons trouver le réel dans le rêve, puis nous comprenons que c’est le réel qui porte le rêve. Le rêve nous masque le réel et gagne ainsi sa « propre force ».
L’homme s’invente des concepts et se met en quête d’eux. Il se met en quête de Dieu, d’éveil et de tout un tas de notions qui viennent de lui, mais il ne se connaît pas, il ne se met pas en quête de lui-même.
Se reconnaître en « Soi », n’est pas se reconnaître en « Moi » avec toutes ses histoires. La sagesse, c’est de se relier à sa propre clarté. L’ignorance, c’est de se relier aux concepts qui en émergent. Se relier à l’eau, c’est la boire et s’étancher. Se relier à ses reflets, c’est s’hypnotiser et rêver.
Prendre refuge dans le « réel » et non dans notre esprit. Pourquoi continuer à chercher dans l’esprit ce qui ne s’y trouve pas ? Heureux ceux qui ont l’esprit vide.


Billet écrit par Denis Marie
Auteur de “L'éveil ordinaire, le don du coeur”, publié aux éditions l'Originel-Charles Antoni, en novembre 2007.
Un commentaire
« On ne trouve pas l’éveil en sortant de l’illusion. On le trouve en comprenant que celle-ci est vide. »
je reprend cette phrase qui m’évoque celle qui m’avait frappée il y a quelques années de Nisagardatta » on ne se débarrasse pas des concepts, des pensées mais c’est ceux ci qui nous quittent car il sont vidés de leur sens, de leur histoire »! » Il est vrai pour moi qu’il est vain de chercher à éliminer quoi que ce soit, mais laisser « la vue » « le regard » voir le vide de celle-ci.
et cette phrase très belle que tu dis Denis »S’affranchir de l’esprit, nous rencontrer sans passer par lui, sans intermédiaire. » est d’une grande simplicité qui nous plonge au « coeur même du sujet »….merci