Motivation
J Je ne me présente pas comme un spécialiste de l’éveil spirituel. Je ne suis pas non plus à la recherche d’un titre ou d’une quelconque casquette. Il y a dans l’approche de la spiritualité tout un “matérialisme spirituel” qui ne m’intéresse pas.
Depuis une quinzaine d’années, je vis une expérience, une contemplation qui m’anime et qui veut se dire à travers moi. Je ne dépends d’aucun maître, d’aucune organisation ou association et je n’ai pas le souhait d’en créer pour l’instant.
Cet événement n’a pas fait de moi quelqu’un de spécial. Lors de ma réalisation à l’hôpital, à mes yeux et à mon cœur, l’évidence a repris sa place. J’ai pu constater que tout était déjà là, déjà vrai, déjà un, et je n’ai rien fait de particulier pour cela. Je me suis seulement “rendu” à cette évidence, ou je me suis trouvé à “l’accepter”. C’est à travers un simple remerciement que cela s’est produit, mais cela aurait pu arriver autrement. À cet instant, tout était « tel que c’Est » en vérité, très ordinaire, très simple, très spontanée. Ça ne l’est pas devenu. En moi-même, je me suis seulement trouvé disponible et ouvert. On pourrait dire “en phase” avec le monde. La vérité du monde et la vérité de ce que je suis sont soudainement (et rétroactivement) apparues identiques et indivisibles. J’ai réalisé que je n’étais pas différent, pas séparé et que je ne l’avais jamais été, malgré mon vécu et tout ce que je pensais jusqu’alors.
En fait, c’était tellement ordinaire, simple et direct, que je n’ai pas compris pourquoi on en fait tout une affaire. Je n’ai pas compris comment certains maîtres en font une chose spéciale. Je n’ai pas compris pourquoi eux-mêmes se présentent de façon spéciale. Il y a ici, toute une attitude qui d’emblée induit en erreur, qui renforce les différences et nourrit la dualité. Aussi, je ne souhaite pas être étiqueté comme “maître spirituel”, car la réalisation ne requiert pas une maîtrise ou un talent particulier. Je ne souhaite pas que l’on dise que j’enseigne, car la vérité ne se transmet pas comme on enseigne une matière à l’école. Il n’y a pas d’un côté les élus, les experts et de l’autre les prétendants, les étudiants. Il n’y a pas non plus un “système”, un “sésame”, pour passer d’un bord à l’autre. C’est justement l’oublie, l’invalidation de tous ces concepts qui nous permettent de réaliser l’unicité. Ce qui importe, c’est la foi en ce que nous sommes “avant”, indépendamment de toute conceptualisation.
Il y a bien des discours qui nous sont servis, mais la plupart ne répondent pas à notre soif. Le plus souvent, ils ne font que l’accentuer. Je n’ai aucune méthode miracle à vendre. Je ne veux rendre personne dépendant de personne ou de quoi que ce soit. Je sais simplement que ce que j’ai rencontré à l’hôpital, qui a ouvert mon cœur et mon regard, est l’éclat généreux et direct de ma nature. Je souhaite pouvoir le faire partager à ceux qui en ont le désir ardent ou la nécessité dans leur vie.
Bien qu’ayant écrit mon premier ouvrage sur le thème de l’éveil, ce qui m’inspire principalement est la relation au cœur et sa mystique profonde. Il y a dans nos cœurs des trésors de vie, de guérison que nous pouvons puiser pour nous-mêmes et nos semblables. Je me considère simplement comme un découvreur assoiffé de grâce, assoiffé de Vie. Tant de choses semblent manquer à l’amour qui bat en moi. Tant de souffrances, tant de peines, tant d’égarements nous réclament. Puissè-je, puissions-nous fleurir sur le terreau des malheurs et embellir humblement nos vies et ce monde.

